Chapitre 11 : Elevage (troisième partie)

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Extrait de mon livre : Le système agricole

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Dans cet article :

  • Vous aurez un aperçu de l’évolution des épidémies au sein du monde de l’élevage.
  • Je vous expliquerai en détail ce que ‘consomme’ réellement l’élevage en terme d’eau.
  • Vous découvrirez pourquoi la réduction drastique de l’élevage ne changera pas grand-chose aux émissions de gaz à effet de serre.

Dans mon livre :

  • Je vous divulguerai les raisons pour lesquelles il est actuellement impossible de se passer des antibiotiques.
  • Je vous donnerai quelques solutions émergentes qui permettent de diminuer le recours aux antibiotiques.
  • Vous en serez davantage sur les autres bénéfices de l’élevage en terme de biodiversité, de réduction des incidents climatiques et des programmes en cours pour réduire l’émission de G.E.S du bétail.

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Une définition utile

Antibiorésistance : Phénomène qui consiste, pour une bactérie, à devenir résistante aux antibiotiques.

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Extrait de ce chapitre (L’élevage)

Des réseaux de surveillance internationale des maladies animales se développent sous le contrôle de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE), mais cela n’empêche pas certains virus de passer les frontières…

La mise en garde des épidémiologistes contre les risques de proliférations de virus au sein d’élevages intensifs, dus à la promiscuité, au confinement, à la résistance aux antibiotiques et à l’uniformisation génétique1 n’a pas été assez entendue : peste porcine chinoise, fièvre catarrhale ovine, grippe aviaire, etc.

Le nombre d’épidémies aurait d’ailleurs triplé ces quinze dernières années2 !

Sachez que les élevages auraient consommé 80 % des antibiotiques administrés aux États-Unis3, ce qui en fait la principale cause de développement de l’antibiorésistance* et entraîne une course à davantage de soins ou l’élaboration continue de nouvelles molécules.

Toutefois, des mesures vont dans le bon sens et la marge de manœuvre reste importante ; en France, grâce notamment au plan écoantibio4, le recours aux antibiotiques a été réduit de 45 % entre 2012 et 2020. De plus, 100 millions d’euros viennent d’être consacrés au pacte biosécurité et bien-être animal en élevage5 et des projets de recherche-développement voient le jour en Europe, notamment avec la filière avicole6.

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Pour en savoir davantage sur les contraintes du non-recours aux antibiotiques, mais aussi sur les solutions émergentes ou encore les avantages et inconvénient de l’élevage en agriculture biologique, je vous renvoie à mon premier tome.

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Besoins en eau

Si l’on prend en compte l’empreinte de l’eau7, correspondant dans ce cas à l’eau que consomment les animaux, l’irrigation des cultures et l’eau nécessaire pour dépolluer les effluents, le ratio serait de 14 000 litres par kilogrammes de bœuf, 5000 pour le porc, 4000 pour la volaille et environ 10 pour les insectes8.

Ces chiffres d’apparence vertigineux sont obtenus à cause du volume important d’eau nécessaire pour que puissent pousser les végétaux qu’ils consomment. Or, les ruminants comme le bœuf en ingèrent beaucoup pour produire relativement peu de viande.

Cependant, rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ; 95 % du volume d’eau correspondrait aux pluies9 qui retourneraient dans le cycle de l’eau, avec ou sans élevage.

L’Inrae (Institut national de la recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement) considère un besoin d’eau, non issu des pluies, égal à 550 voire 700 litres par kilogramme de bœuf, mais cette dernière ne disparaît pas (vous avez plus de détails sur ce document bien complet10).

D’une façon générale, faites bien attention à distinguer l’eau dont le stock est géré durablement (pluies) et non durablement (nappes phréatiques et lacs surexploités).

Ainsi, le bœuf qui se nourrit sur des prairies impropres à la culture ou grâce à des cultures pluviales porte moins préjudice que certaines céréales ou légumineuses provenant de zones exploitant non durablement leurs ressources hydriques.

Bien entendu, une part non négligeable de l’élevage actuel monopolise des céréales comestibles pour l’humain et dont la culture nécessite de grands volumes d’eau, parfois surexploités. Elle peut donc engendrer davantage de pressions hydriques à l’échelle locale.

De plus, l’importation de soja d’Amérique du Sud provoque de grandes déforestations de l’Amazonie, ceci entraîne une diminution de l’évapotranspiration des plantes et donc de l’humidité de l’air, ce qui joue alors sur les précipitations.

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Émissions de gaz à effet de serre

Pour rappel, les gaz à effet de serre absorbent une partie des rayons solaires et les redistribuent sous la forme de radiations, ayant pour incidence une modification de la température de l’air ambiant. D’après les scientifiques travaillant dans le domaine du climat ou encore de la spectrométrie, le CO₂ serait le principal gaz à effet de serre (G.E.S.) émis par l’humain.

Le méthane agricole, dégagé essentiellement par le rot des vaches (et non par leurs pets), ne correspond qu’à une fraction des émissions de G.E.S mais aurait un ‘pouvoir réchauffant’ bien supérieur au CO₂, avant de perdre drastiquement de son emprise au bout de 10 ans, car cette molécule s’oxyde pour devenir du CO₂ et de l’eau.

Toutefois, en considérant que l’effet de serre du méthane est une trentaine de fois supérieure au dioxyde de carbone, il reste bien inférieur au protoxyde d’azote (265 fois plus fort que le CO₂ pendant plus d’un siècle) dont l’une des sources majoritaires n’est autre que les engrais de synthèse azotés.

Du coup, contrairement à ce que nombre de militants prétendent ; il n’est pas très logique de diminuer fortement l’élevage pour réduire les émissions de G.E.S, car ceci sera compensé, du moins en partie, par l’augmentation du volume d’engrais azotés de synthèse dont l’empreinte carbone est dix fois plus importante !

Enfin11, si les ruminants et le riz représentent un peu moins de 20% des émissions totales de méthane, ‘ce type d’émissions tend à se stabiliser contrairement aux émissions anthropiques’. 

D’ailleurs, les prairies que broutent les vaches et bœufs absorbent une importante quantité de CO₂ 12 ; 20 à 60 % de l’émission du méthane des ruminants13 est compensée par le stockage du carbone des prairies où ils pâturent. De plus, en nourrissant le bétail avec davantage de légumineuses, des tests démontrent une diminution du rejet de méthane des vaches14 pouvant atteindre 20 % de leurs émissions totales de G.E.S.

Sachez également que la couleur verte claire de l’herbe renvoie en général plus de rayons solaires que les grandes cultures ou les forêts15, ceci entraînant un abaissement plus significatif de la chaleur au sol.

Pour enfoncer le clou, l’arrêt de la production laitière ne réduira pas significativement les émissions de gaz à effet de serre16 mais la filière française s’organise ; 12 000 éleveurs laitiers se sont engagés dans la Ferme laitière bas carbone17 et l’objectif de 25 % devrait rapidement être atteint.

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Enfin, pour en savoir davantage sur les autres bénéfices en terme de biodiversité, de réduction des incidents climatiques et des programmes en cours pour réduire l’émission de G.E.S de l’élevage, il suffit de consulter mon livre :

Le système agricole

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Remarque

En se référant au spectre d’absorption du méthane, d’après François Gervais (ancien directeur de recherche sur la physique des hautes températures, connu pour ses positions qui vont à l’encontre de la pensée dominante sur l’influence de l’humanité sur le climat), ‘si un impact élevé est effectivement observé aux plus faibles concentrations, le potentiel chute très rapidement avec la concentration’ 17.

Pour plus de détails relatifs aux causes et effets entre le changement climatique et l’agriculture, vous pourrez consulter un autre de mes livres plus spécifique.

Enfin18 ;‘les 14,5 % d’émissions de l’élevage est un chiffre de la FAO (Food and Agriculture Organization) qui produit des analyses par cycle de vie. Cette Organisation des Nations unies comptabilise la culture qui alimente le bétail, jusqu’à la fabrication des emballages qui servent à distribuer la viande, en passant par le transport des animaux ou de la viande… Selon la méthode du Giec, qui ne calcule pour l’élevage que les émissions liées à la phase de production, l’élevage serait responsable de 5 % des émissions de gaz à effet de serre’.

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La France, gros consommateur de viande ?

En France, la ration de viande par personne a baissé de 16 % 19 ; elle est passée d’à peu près 80 kg ingérés par personne et par an dans les années 1990 à 70 kg au début des années 2010 et poursuit cette pente descendante au rythme de 1 %/par an, du moins pour le moment.

Toutefois, même si la portion continue de s’amoindrir, il faudrait multiplier par trois la production de 2018 afin de nourrir équitablement les futurs 10 milliards d’habitants, ce qui est impossible à réaliser !

En prenant en compte les productions actuelles et en partant du principe que l’on partage parfaitement nos consommations de viandes d’ici la deuxième période du siècle pour 10 milliards d’habitants ; il ne faudrait pas dépasser 24 kg de viande par an et par personne (hors carcasse), soit 2 kg/mois, environ 500 g/semaine ou à peu près 70 g/jour.

Ceci répartit entre 37 % de viande porcine (185 g par semaine), 29 % de volaille (145 g par semaine) et 22 % de viande bovine (110 g par semaine)20.

En résumé : 1 steak de bœuf ou deux steaks de bœufs composés de 50 % de protéines végétales, une barquette de quasiment 150 g de blanc de poulet et 6 tranches de jambon de porc de 30 grammes par semaine sans compter les carcasses (os, gras, viscères, moelle…) qui représentent 20 % à plus de 50 % du poids de l’animal, ainsi que les autres viandes (mouton, agneau, pintade, canard, caille…) qui ne constituent cependant qu’un faible taux des productions mondiales.

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Vous aurez plus de détails sur de possibles repas en consultant mon premier tome, ou encore, à travers mon second livre grâce auquel vous économiserez des centaines d’euros chaque année :

Réduire son budget alimentaire

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Toutefois, si l’on revient à la polyculture-élevage et que l’on se concentre davantage sur les insectes, on devrait augmenter ce chiffre car ces animaux à 6 pattes ont aussi de nombreux bienfaits (grand taux de vitamines et minéraux) et ont un faible coût de production.

La consommation de certains insectes vient d’ailleurs d’être autorisé par l’Autorité européenne de sécurité des aliments21 (Efsa).

Enfin, si l’on se contente de nos exploitations françaises et que l’on suit les recommandations du scénario Afterre pour une agriculture française durable : augmentation de la part du bio et des autres formes d’agricultures ‘plus durables’, autonomie énergétique des bases du système agricole, nourriture suffisante pour garder la population française en bonne santé tout en continuant d’exporter des céréales aux pays dépendants ; nous devrions produire, par personne et par semaine :

– 0,9 million de tonnes de carcasses de bœuf, soit un steak et demi hebdomadaire par personne ;

1,5 million de tonnes de carcasses de porc, soit 300 grammes comestibles ou encore 10 tranches de jambon de 30 grammes unité hebdomadaire ;

– 1 million de tonnes de carcasses de poulet, soit 200 grammes de volaille hebdomadaire.

Autrement dit ; si l’on souhaite réduire drastiquement nos importations provenant de la déforestation sans trop abaisser nos exportations et en favorisant des formes d’agricultures moins productives, il faudra diviser notre consommation moyenne de produits carnés par un facteur proche de deux.

Chiche ?

Je rappelle que vous dénicherez de possibles repas équilibrés en consultant mes deux précédents livres !

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Articles en lien :

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Sources

1https://reporterre.net/IMG/pdf/genetic_diversity_infectious_diseases.pdf

2https://www.oie.int/fr/sante-animale-dans-le-monde/le-projet-wahis/

3https://www.bastamag.net/Overdose-d-antibiotiques-dans-l

4agriculture.gouv.fr/infographie-ecoantibio-reduire-lutilisation-des-antibiotiques-veterinaires-0

5pleinchamp.com/actualite/pacte-biosecurite-et-bien-etre-animal-deux-thematiques-majeures-pour-l-elevage-dans-les-annees-a-venir

6pleinchamp.com/actualite/l-institut-technique-de-l-aviculture-lance-trois-grands-projets-de-recherche-developpement

7les.cahiers-developpement-durable.be/outils/eau-virtuelle-et-empreinte-aquatique

8jiminis.com/blog/elevage-d-insectes/

9campagnesetenvironnement.fr/vraifaux/il-faut-15-000-litres-deau-pour-produire-1-kg-de-viande

10criticalvegan.com/2019/07/02/15-000l-deau-pour-un-kilo-de-boeuf-vraiment

11agriculture-strategies.eu/2019/04/pas-dalimentation-durable-sans-hommes-ni-vaches

12bilans-ges.ademe.fr/documentation/UPLOAD_DOC_FR/index.htm?changement_daffectation_des_so.htm

13fcrn.org.uk/sites/default/files/project-files/fcrn_gnc_report.pdf (stockage du carbone dans les prairies et compensation carbone de l’élevage) par Tara Garnett, Cécile Godde, Adrian Muller, Elin Röös, Pete Smith, Imke de Boer, Erasmus zu Ermgassen, Mario Herrero, Corina van Middelaar, Christian Schader et Hannah van Zanten

14inrae.fr/ciag/content/download/6072/45051/file/Vol55-22-Dolle.pdf Mesures d’atténuation des émissions de gaz à effet de serre en élevage bovin lait et viande par Dolle J.-B., Chambaut H., Delagarde R., Edouard N., Eugene M., Foray S., Lorinquer E.et Manneville V.

15afpf-asso.fr/_objects/tao_medias/file/panneau-albedo-v3-4238.pdf

16https://seppi.over-blog.com/2021/04/recherche-l-arret-de-la-production-laitiere-ne-reduit-pas-significativement-les-emissions-de-ges.html

17ferme-laitiere-bas-carbone.fr

67Gervais François : Merci au CO₂ (2020). L’artilleur, 121 p.

18https://www.coordinationrurale.fr/images/viande/2020-07-Dossier-Elevage-Vrai-Faux.pdf

19http://archives.lesechos.fr/archives/cercle/2015/04/10/cercle_129753.html (évolution de la consommation de viande en France)

20tpe-groupe-38.e-monsite.com/pages/i-la-consommation-de-viande-dans-le-monde

21https://mrmondialisation.org/la-consommation-dinsectes-solution-davenir-ou-fausse-bonne-idee/

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